Béni-Mellal/ Khénifra : Le patron du CRI dit tout sur le nouveau programme d’appui

 

Le Directeur Général du Centre Régional d’Investissement de Béni-Mellal/ Khénifra, Mohamed Amine Bekkali livre, à travers cet entretien, des détails sur l’appui financier qu’apporte ce Centre, en particulier aux TPE.

Entretien réalisé par Fatima-Zohra Jdily

 

L’Observateur du Maroc : Le CRI de Béni-Mellal/Khénifra a débloqué la première subvention du Fonds régional d’appui à l’investissement et à la création de l’emploi au niveau de la plateforme industrielle intégrée. Quel est l’objectif de cette subvention ?

Mohamed Amine Bekkali : D’abord je vais faire bref rappel des potentialités de la région sur le plan agricole et aussi un bref rappel concernant les faibles taux de valorisation des produits agricoles. La production agricole régionale a sensiblement augmenté, mais malheureusement le taux de valorisation, c’est-à-dire le taux de transformation de ces produits agricoles, reste faible.

L’Agropole, installé sur 208 hectares, a été créé pour pallier justement à cette problématique.

Pour ce qui est du fonds, sa raison d’être est la subvention du foncier au niveau de l’agropole à hauteur de 50% du prix d’acquisition, ce qui constitue une aide très importante.

Quel est le rôle du CRI dans cet appui ?

 Le rôle du CRI dans cette opération est multiple.

Tout d’abord, tous les dossiers de demande de subvention sont déposés et traités à travers la plateforme www.cri-invest.ma qui est une plateforme 100% digitale développée en propre par les cadres de la Digital Factory du Ministère de l’Intérieur et dont le lancement s’est opéré de manière concomitante avec l’entrée en vigueur de la loi 47-18 portant réforme aux CRIs en décembre 2019.

Cette plateforme est aujourd’hui l’unique canal pour le dépôt de toutes les demandes d’autorisation concernant l’investissement dans toutes les régions du Royaume. Suite au dépôt, les dossiers de demande de subvention ou d’autorisation sont examinés par la Commission régionale unifiée d’investissement, qui est présidée par Mr le wali de la Région et qui comporte en son sein la majorité des décideurs régionaux, à savoir des patrons d’établissements publics comme l’Agence urbaine ainsi que les représentations déconcentrées de l’administration centrale et les collectivités territoriales concernées. Autre avantage à préciser, celui du mode de décision de cette commission qui est désormais basé sur le vote et à la majorité et non pas à l’unanimité comme c’était le cas auparavant.

Tout cela constitue un apport de la réforme qui permet l’activation de l’article 7 de la loi 47-18 qui confère aujourd’hui aux CRI le droit de gérer le fonds d’appui à l’investissement en toute transparence.

Pensez-vous que la capacité d’accueil offerte pourrait vous permettre de satisfaire toutes les demandes des bénéficiaires potentiels et est-ce que la priorité serait donnée aux demandeurs issus de la région Béni-Mellal/Khénifra ?

En fait, comme je l’ai déjà précisé, l’Agropole s’étend sur 208 hectares. Il offre donc une capacité assez importante.

Par ailleurs, deux critères principaux doivent être remplis pour pouvoir activer la subvention. Le premier est d’être dans l’écosystème de l’agroalimentaire. Le deuxième est de créer 10 emplois minimum par 1.000 mètres carrés. Le but est de favoriser les industries de transformation au détriment des activités de type dépôt.

La priorité est, bien entendu, donnée aux demandeurs issus de la région qui connaissent bien ses capacités agricoles. Je rappelle que le président du Conseil régional a déjà signé les subventions de trois bénéficiaires dont deux sont issus de la région. Ces deux industriels gérent des conserveries d’olives de petite taille, avec un investissement global de 3 millions de dirhams chacune et une création d’une quarantaine d’emplois pour les deux unités. Il s’agit donc de très petites entreprises et on garde à l’esprit que le tissu économique est essentiellement constitué de TPE et de PME.

Est ce qu’il y a d’autres projets dans le pipe ?

 Au-delà du foncier, nous sommes en train de mettre en place, avec une Fondation de recherche et développement, un incubateur de start-ups agro-industrielles. Ce projet est mené aussi en collaboration avec l’Université Sultane Moulay Slimane, qui forme bien entendu des ingénieurs, des techniciens et des docteurs spécialisés dans les procédés agro-industriels.

Le rôle du CRI, avec cette Fondation et avec l’appui de notre bailleur de fonds qui est le conseil régional, c’est de mettre en place une pépinière de start-ups en prenant en charge toute la partie R&D.

 

 

 

 

 

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