États-Unis: Situation encore explosive à Minneapolis

Minneapolis s’est transformée en champ de guerre  après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans,  la nuque sous le genou d’un policier. Depuis, le feu de la colère se propage.

Commissariat incendié, une trentaine de commerces pillés et des manifestations qui s’intensifient dans une ambiance de guerre, la ville du Minnesota vit toujours sous haute tension. Depuis la mort, dans la soirée du lundi 25 mai 2020, de George Floyd, lors d’un contrôle policier musclé.

Les militaires, dépêchés sur les lieux n’arrivent toujours pas à ramener le calme. Pire la chère gronde dans d’autres villes de la part de la communauté noire américaine.

Les tweets et déclarations du président américain jettent de l’huile sur le feu. Donald Trump, qui a dénoncé à plusieurs reprises un crime « tragique » et demandé une enquête rapide, s’en est pris cette fois aux « casseurs ». « Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles », a-t-il écrit dans un tweet, que Twitter  a décidé de signaler comme une « apologie de la violence ».

Trump tente maintenant de se rattraper. En annonçant l’arrivée de renforts il exprime son respect à la mémoire de George Floyd.

Les quatre agents impliqués dans le drame ont été licenciés et des enquêtes fédérales et locales ont été ouvertes pour établir leurs responsabilités. Mais aucune arrestation n’a encore eu lieu, ce qui alimente toutes les frustrations.

En revanche, une équipe de journalistes de CNN, qui couvrait la scène, a été arrêtée en direct par des policiers, et relâchée après deux heures. Le gouverneur Tim Walz a présenté « ses plates excuses » à la chaîne d’informations.

Les manifs se propagent

La colère commence à gagner d’autres villes américaines. Des manifestants ont bloqué une autoroute à Denver, d’autres ont défié les ordres de confinement à New York ou Chicago. A Louisville, dans le Kentucky, des affrontements ont eu lieu alors que des habitants demandaient justice pour Breonna Taylor, une femme noire tuée par la police dans son appartement en mars.

À Phoenix, dans l’Arizona, des centaines de protestataires ont marché vers le Capitole de l’État dans un calme relatif, selon les informations, avant des confrontations tendues avec des policiers plus tard dans la nuit.

Jeudi soir, sept personnes ont été touchées par des coups de feu lors d’une manifestation à Louisville, dans le Kentucky, alors que les tensions continuaient de s’intensifier suite au meurtre d’une femme noire par trois policiers blancs en mars.

Plus de 40 personnes ont été arrêtées jeudi soir à Manhattan, au centre de la ville de New York, alors que des centaines de New-Yorkais se joignaient aux manifestations nationales. Une femme a crié: « Black Lives Matter ! » (Les vies noires comptent!) alors que des policiers l’ont arrêtée et emmené au commissariat, selon une vidéo publiée en ligne.

Retour sur la scène du crime

Une autre bavure policière aux États Unis. Écraser le cou d’un homme avec le genoux jusqu’à la mort. Le policier n’a pas cherché à savoir si l’homme vit encore. Il semble qu’il est mort et que l’autre policier tente de fermer la vue à la caméra.

Publiée par L'Observateur du Maroc et d'Afrique sur Mardi 26 mai 2020

George Floyd a été arrêté, lundi dernier, par la police parce qu’elle croyait qu’il voulait écouler un faux billet de 20 dollars. Lors de l’intervention, il a été plaqué au sol par un agent qui a maintenu son genou sur son cou pendant de longues minutes. « Je ne peux plus respirer », l’entend-on dire sur l’enregistrement de la scène.

L’affaire rappelle notamment la mort d’Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs. Lui aussi avait dit « Je ne peux pas respirer », une phrase devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter (« La vie des Noirs compte »).

(Avec Agences)
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