Marocains du Monde : au-delà du constat

 

 

Il est urgent de dépasser le constat concernant la part que réservent les Marocains du monde à l’investissement.

Monsieur Benchaaboun est un ministre respecté, parce qu’il a été exemplaire face aux implications économiques du Covid. Les professionnels de différents secteurs lui reconnaissent une capacité d’écoute et une certaine réactivité.

Mais sa sortie sur le rôle des Marocains du Monde pose problème. De manière chirurgicale il a posé le constat. Les virements de nos compatriotes à l’étranger vont à 80% à l’entraide sociale. Cela impacte positivement la balance des paiements, mais pas l’investissement.

La part de ces virements réservée à l’investissement va essentiellement à l’Immobilier, dont une importante fraction est improductive, puisqu’il s’agit de demeures très peu utilisées. Le constat est bon et que le ministre de l’économie l’énonce, de manière aussi claire est une bonne chose.

Mais ce n’est pas ce que l’on attend des pouvoirs publics. Comment inciter les Marocains du monde à investir dans l’agriculture, l’industrie, les services ? Nous n’y arrivons pas.

Il y a d’abord l’écueil administratif. Il faut reconnaitre que notre administration est peu compatible avec le désir d’investissement de Marocains qui vivent à l’étranger. Depuis le temps que l’on réclame la simplification des procédures, on peut être inquiet.

Le ministre de l’Économie ne peut pas se limiter au constat. Que fait le gouvernement  pour favoriser les investissements productifs des Marocains du monde ? C’est cela la vraie question. Les banques sont très présentes pour les inciter à investir dans l’immobilier. Mais il y a peu de  programmes  incitatif pour d’autres secteurs d’activité.

L’administration n’est pas l’unique problème. La circulation de l’information, l’accompagnement régional, sont des défaillances certaines.

Il est urgent de dépasser le constat. La majorité des virements des Marocains de l’étranger relève de la solidarité sociale. La partie qui va à l’investissement en dehors de l’immobilier est marginale.

 

Il faut un programme à la fois fiscal, informatif en vue de drainer des investissements. Tirer le constat alors qu’on a besoin de l’action est improductif.

 

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