Relance, le Maroc a besoin des MRE

Malgré les efforts fournis, les investissements des marocains du monde dans leur pays d’origine reste faible. Pourtant le potentiel est conséquent et les opportunités ne manquent pas. Comment encourager les Marocains du monde à franchir le pas? la recette Benchaâboun 

Lors d’une séance de travail organisé par la CGEM à travers sa branche MeM by CGEM pour présenter les opportunités d’investissements au Maroc pour les Marocains entrepreneurs du monde, le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Banchaâboun a noté que les relations des MRE avec leur pays d’origine s’évaluent en fonction d’un certain nombre d’indicateurs. D’abord, les transferts évoluent de manière régulière et continue. «L’année 2020 a commencé par une baisse des transferts de MRE située entre 5 et 7%. Le trend haussier a repris  après le premier semestre pour boucler l’année avec une croissance de 5% soit 68 MMDH », explique Benchâboun qui insiste sur cette solidité de lien entre le Maroc et cette communauté. Où vont ces transferts ? Selon le ministre de l’économie et des finances, 15% des transferts vont vers l’épargne représentant 20% de l’ensemble de dépôts bancaires. Le reste est destiné essentiellement vers la solidarité et le soutien familial. Seul 10% des transferts sont orientés vers l’investissement dont 70% investis dans l’immobilier et le foncier. Au total, « il n’y a que 700 millions de dollars qui vont à l’investissement, dont 500 millions en faveur du foncier », note le ministre qui déplore que malgré les efforts entrepris par les pouvoirs publics pour encourager l’acte d’investir, ces chiffres ne bougent pas dans le temps. Pourtant «le Maroc peut compter sur ces MRE pour la relance ».

La recette Benchaâboun

Pour promouvoir les transferts des MDM vers l’investissement productif, Benchaâboun met l’accent sur trois leviers. Le premier concerne l’amélioration de l’environnement des affaires. Ici, le ministre souligne que le Maroc est bien positionné au niveau du classement Doing business. «Les réformes en cours de déploiement vont encore améliorer son positionnement », promet Benchaâboun qui cite la révision d’un bon nombre de textes législatifs et réglementaires notamment celui concernant l’accès au financement, un autre relatif à la sûreté mobilière, la loi sur le Crowdfunding récemment adoptée… Ensuite, le ministre évoque la réforme des CRI. Selon lui, à fin janvier, les délais de traitements des dossiers à été divisé par 6. L’autre réforme qui pourra encourager les MDM à investir, celle de la simplification des procédures administratives. «la loi de cette réforme est entrée en vigueur en septembre dernier. Elle constitue une rupture par rapport à l’administration du passé. Outre la fixation du délai maximum de réponse à un mois, au-delà duquel le silence accorde l’approbation, cette réforme prévoit la fin de légalisation des documents, l’obligation de publication des documents demandés… », détaille Banchaâboun.

De nombreux mécanismes d’incitation à l’investissement sont ouverts aujourd’hui à tous les investisseurs MDM ou pas. Mais, pour Benchaâboun,  le mécanisme imaginé il y a une décennie par les pouvoirs publics  MDM invest n’a pas connu le succès attendu. «Les conditions d’accès étaient difficiles.  D’où la décision de le revisiter entièrement pour qu’il soit un véritable outil d’investissement », annonce Benchaâboun.

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