SOS, une pénurie d’eau à Agadir !

 

Agadir manque d’eau. Des mesures drastiques sont mises en place pour optimiser l’usage de l’eau potable depuis quelques années. Aujourd’hui, ce sont des coupures quotidiennes qui sont prévues dans différentes communes de la région.

L’heure est grave. Le risque de pénurie d’eau s’accentue dans la région Souss-Massa. Et la RAMSA a décidé des coupures d’eau quotidiennes de 22H à 5H30 du matin dans différentes communes d’Agadir, notamment Dchira, Inzegane, Ait Melloul, Aourir, Drarga et la station balnéaire de Taghazout. Cette mesure vient s’ajouter à une série de restrictions mises en place depuis quelques années déjà pour éviter le pire.

Le 25 septembre dernier, l’Agence du bassin hydraulique de Sous-Massa (ABHSM) a tiré la sonnette d’alarme : la situation hydrologique durant les 3 dernières années a été marquée par un déficit pluviométrique de 60% au niveau du bassin de Souss Massa. Aussi, l’année  hydrologique 2019/2020 a enregistré 93 mm en comparaison avec la moyenne annuelle normal de 230mm. Le taux de remplissage des barrages ne dépasse pas 12% avec des flux entrants estimés à seulement 30 millions de mètres cubes d’eau, contre 476,4 millions de m3 lors d’une année normale, soit un déficit de 94%.

Plus de gaspillage !

Pour gérer les ressources hydriques, l’ABHSM a établi un plan d’optimisation s‘articulant autour de diverses mesures. Il s‘agit d’abord d’identifier les gros consommateurs d’eau et les inciter à limiter leur consommation. Ainsi, 94 points de prélèvement ont fait l’objet de diagnostics (24 points à la commune Agadir, 2 points à la commune Aourir , 22 sociétés industrielles, 2 établissements pénitentiaires à Inzegane, 34 établissements hôteliers  et 5 golfs). Parmi les mesures phares décidées, l’interdiction de l’arrosage des espaces verts et des golfs à partir des réseaux d’eau potable et la réutilisation des eaux usées épurées pour les golfs. Il s’agit de prendre aussi les mesures de restriction des débits distribués et multiplier les efforts en matière de réduction des pertes d’eau dans les réseaux de distribution et de production pour atteindre une réduction de 10% avec le renforcement de la capacité de transit des étages Sud vers les étages Nord de la RAMSA, le dégagement de nouvelles ressources souterraines…

La wilaya de la région a interdit le lavage des voitures et camions en dehors des stations professionnelles, et le lavage des bâtiments et des voies de circulation(s). Les douches dans les plages sont également bannies et le remplissage des piscines par l’eau potable est totalement prohibé.

Augmenter l’offre des ressources hydriques

Pour augmenter l’offre des ressources hydriques, l’ABHSM et l’ONEE-BO ont réalisé 10 forages d’exploitation qui permettent d’injecter un débit supplémentaire d’environ 246 l/s. aujourd’hui, le total du débit des forages dégagés et équipés  est de 190 l/s, selon l’agence. Deux autres forages sont en cours d’équipement pour être opérationnels à fin septembre 2020, doté d’un débit total de 56 l/s. «Pour mieux sécuriser l’AEP du Grand Agadir à partir des eaux souterraines, il faudra dégager un débit supplémentaire de 100l/s moyennant 5 forages avant fin 2020 », note l’agence.

Station de dessalement d’eau de mer pour mars 2021

Outre les différents projets d’adduction d’eau à partir des conduites d’irrigation, Agadir a lancé la construction d’une station de dessalement d’eau de mer dont le taux d’avancement a atteint 79%. D’un coût global de 4,4 milliards de dirhams  dont 1,86 MMDH de contribution publique, la  station sera opérationnelle, selon l’ABHSM en mars 2021. D’une capacité à terme de 400.000 m3 /j répartie équitablement entre l’agriculture et l’eau potable, le projet permettra de préserver la nappe de Chtouka, irriguer 15.000 ha dans ce périmètre, sécuriser l’alimentation en eau potable du grand Agadir et réduire les coûts de production de l’eau à travers la mutualisation avec le maintien de l’activité agricole dans la zone.

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